Sortir de la Gig Economy

Billet du futur #8

La premiĂšre question que l’on me posait l’an dernier lors des diffĂ©rents entretiens de Going Freelance Ă©tait “What do you mean by freelancer ?” Chacun a sa propre dĂ©finition du terme et les freelances forment un groupe tellement hĂ©tĂ©rogĂšne qu’il est nĂ©cessaire de bien spĂ©cifier les populations dont on parle.

Ceci étant dit, vous trouverez dans ce billet une distinction plus poussée entre la Gig Economy et la Talent Economy et surtout des pistes pour aller de la premiÚre vers la seconde.

Bonne lecture,
Samuel

Le parrain du futur

Ce Billet du Futur est parrainé par comet, la plateforme qui aide les organisations à se réinventer. Comet accompagne plus de 1000 clients et 80% des entreprises du CAC 40 dans leurs projets grùce à une communauté de 5000 experts tech, data et produit en freelance.

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L’importance de distinguer deux Ă©conomies

  • “Ah tu es freelance 
 ? Mais tu es sĂ»r que ça va ? Tu ne cherches pas un vrai job

  • Non merci, je gagne 3 fois mieux ma vie qu’avant, je choisis mes clients et j’ai un agenda super flexible”

  • “Oh tu es freelance ? GĂ©nial, tu dois te sentir tellement libre, faire tout ce que tu veux tout le temps !

  • Pas tellement, c’est ce que je pensais au dĂ©part mais je n’arrive pas Ă  trouver des clients, trop de concurrence et des missions payĂ©es au lance-pierre 
”

Deux discours aux antipodes l’un de l’autre puisque le terme de freelance veut tout et rien dire Ă  la fois ! Pour certains c’est une vraie fiertĂ© de se prĂ©senter en tant que freelance, au-delĂ  du statut d’indĂ©pendant c’est un mouvement pour un travail plus libre.

Pour d’autres au contraire le terme de freelance est pĂ©joratif et renvoie Ă  une activitĂ© prĂ©caire. Bien que se considĂ©rant comme indĂ©pendants, ils Ă©vitent d’utiliser le terme de freelance qui a Ă©tĂ© galvaudĂ© par les confusions entre Gig et Talent Economy.

En avril dernier, j’écrivais dans Maddyness l’importance de faire la diffĂ©rence entre la Gig Economy et la Talent Economy. Evidemment il y a une importante zone grise entre ces deux “camps” mais grossir les traits permet de mieux distinguer ces deux pans de l’économie des travailleurs Ă  la demande. C’est aussi sur cette distinction que j’ai choisi d’ouvrir le rapport d’étude L’exploration du travail de demain, tant elle est essentielle.

La Gig Economy :

Il s’agit littĂ©ralement de l’économie des petits boulots, ces travailleurs n’ont pas fait le choix de leur situation, ils subissent le statut d’indĂ©pendant. Les freelances de la Gig Economy vendent leur temps, ils sont sans cesse en train de chercher le prochain gig, n’ont aucune visibilitĂ© sur l’avenir, car ils travaillent sur des missions trĂšs courtes et sont trĂšs facilement remplaçables tant ils sont nombreux. La concurrence est telle que les salaires sont tirĂ©s vers le bas et cette course au moins cher est une manne pour les entreprises qui n’hĂ©sitent pas Ă  l’exploiter. Ainsi, les revenus moyens des chauffeurs Uber ont diminuĂ© de 53 % sur les cinq derniĂšres annĂ©es alors mĂȘme que le nombre de chauffeurs a Ă©tĂ© multipliĂ© par cinq. La Gig Economy n’est pas rĂ©servĂ©e aux chauffeurs de VTC et bikers, elle peut concerner des graphistes, photographes, dĂ©veloppeurs, rĂ©dacteurs 
 Soit parce qu’ils n’ont pas suffisamment de compĂ©tences techniques soit parce qu’ils ne parviennent pas Ă  se mettre suffisamment en avant.

La Talent Economy :

Au contraire, les freelances de la Talent Economy ont fait le choix du statut d’indĂ©pendant. Sur ce marchĂ© la sĂ©lection ne se fait pas sur les prix, mais sur les compĂ©tences. Au-delĂ  du temps du freelance, le client achĂšte une expertise, une solution Ă  un problĂšme.

Les raccourcis qui entraĂźnent la confusion entre la Gig Economy et la Talent Economy sont problĂ©matiques pour les travailleurs des deux camps, car ils entraĂźnent de fausses interprĂ©tations des rĂŽles de chacun ne permettant pas de progrĂšs significatif. Les freelances qualifiĂ©s souffrent de la mauvaise rĂ©putation de leur statut indĂ©pendant. 

A New York, j’ai rencontrĂ© Ryan Waggoner, freelance depuis plus de douze ans, il a une situation trĂšs stable et depuis quelques annĂ©es se verse des salaires supĂ©rieurs Ă  250 000 $ par an. Il prĂ©fĂšre le titre de consultant indĂ©pendant au terme de freelance, qu’il juge connotĂ© nĂ©gativement. Une erreur de perception gĂ©nĂ©ralisĂ©e qui est nĂ©faste car elle n’encourage pas les entreprises Ă  amĂ©liorer le traitement des freelances : paiement en retard, manque de considĂ©ration, dĂ©finition claire d’un brief ...

De l’autre cĂŽtĂ©, considĂ©rer un freelance de la Gig Economy comme un travailleur qui profite de sa libertĂ©, est son propre patron et s'Ă©panouit dans son indĂ©pendance c’est se voiler la face. C’est faux et cela ne permet pas d’obtenir des avancĂ©es en matiĂšre de protection et d’accompagnement. 

Il y a bien Ă©videmment un important rĂŽle Ă  jouer de la part nos institutions afin de remĂ©dier Ă  cette situation. Mais sans attendre que les lois soient votĂ©es, les entreprises peuvent prendre d’excellentes initiatives.

Le rîle de la formation 📚

La formation est une des caractĂ©ristiques communes Ă  tous les freelances Ă  succĂšs, ils ne cessent de se former. Elle apparaĂźt comme un excellent moyen pour sortir de la Gig Economy puisqu’elle permet de briser le cercle vicieux de “j'accepte n’importe quel job tant que c’est payĂ©â€ pour aller vers “j’ai des compĂ©tences reconnues, je vends mon expertise”.

Une super initiative nous vient de la start-up française OpenClassrooms, qui a obtenu une bourse d’un million de dollars de la part de Google pour former les travailleurs de la Gig Economy. ConcrĂštement, Ă  travers ce projet Level Up, OpenClassrooms a crĂ©Ă© des cours spĂ©cialement pour ces travailleurs et les leurs ont offerts gratuitement en les distribuant Ă  travers les plateformes sur lesquelles ils travaillent comme Uber, Deliveroo, Stuart, Malt et d’autres.

Loin d’ĂȘtre un coup de communication, ils sont 5000 Ă  s’ĂȘtre inscrit au projet et Ă  se former sur des compĂ©tences telles que le dĂ©veloppement web, le marketing digital, le community management 
 

Ils ont Ă©galement mis en place un programme de formation en alternance Ă  destination de ces travailleurs. Une promotion de 100 Ă©lĂšves a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©e pour suivre une formation diplĂŽmante reconnue par l’état. Ils sont accompagnĂ©s d’un coach pour trouver une entreprise au sein de laquelle faire leur alternance et trouver un premier emploi. Certains Ă©lĂšves envisagent de se lancer en freelance, de crĂ©er leur entreprise ou de dĂ©crocher un CDI grĂące Ă  leurs nouvelles compĂ©tences. 

Quelques pistes pour sortir de la Gig Economy

  • En entreprise, la reconnaissance des travailleurs et l’instauration d’un minimum : j’en parlais dans le cinquiĂšme billet du futur, le gĂ©ant Google a demandĂ© aux agences de staffing avec lesquelles il travaille de payer au moins 15 dollars de l’heure les travailleurs de la Gig Economy qu’ils emploient et qu’ils perçoivent des benefits (assurance santĂ©, remboursement d’une partie des frais de scolaritĂ©, congĂ©s parentaux, indemnitĂ©s journaliĂšres en cas d’arrĂȘt maladie.) Quinze dollars de l’heure, c’est encore peu pour vivre aux Etats-Unis, surtout dans la Silicon Valley. C’est loin d’ĂȘtre la panacĂ©e pour ces travailleurs, pourtant c’est dĂ©jĂ  un premier pas vers la reconnaissance de leur activitĂ©, parfois de leur prĂ©caritĂ© et un premier Ă©lĂ©ment de rĂ©ponse. 

  • La formation : La seule façon de briser le cercle vicieux de la concurrence par les prix est de prendre du temps pour se former, d’acquĂ©rir de nouvelles compĂ©tences, de se spĂ©cialiser et de communiquer sur ses savoir-faire. Plus difficile Ă  dire qu’à faire lorsque l’on est pris dans l’opĂ©rationnel du quotidien et que le besoin de trĂ©sorerie se fait sentir. Pourtant les ressources sont disponibles pour la plupart gratuitement sur internet et quelques heures par semaine suffisent Ă  se former afin de se dĂ©marquer par ses compĂ©tences et plus par son prix et enfin pouvoir penser Ă  long terme.

  • Apprendre de ses aĂźnĂ©s : en tant que freelance dĂ©butant, il est malheureusement trĂšs facile de tomber dans les piĂšges de l’indĂ©pendance et de se retrouver dans la Gig Economy sans le vouloir. Identifiez 5 freelances qui sont bien plus seniors que vous, bien occupĂ©s et envoyez-leur un message. Demandez-leur une heure pour discuter et obtenir un retour d’expĂ©rience, qu’ils vous partagent leurs conseils. Peut-ĂȘtre que l’un d’entre eux deviendra votre mentor et sinon vous aurez dĂ©jĂ  quelques pistes pour dĂ©velopper votre activitĂ©.

Ne pas jeter le bĂ©bĂ© avec l’eau du bain

Quand la Gig Economy est condamnĂ©e, trĂšs vite ce sont les plateformes qui sont ciblĂ©es. Ici aussi, il faut faire preuve de prudence car il en existe de toutes sortes. Certaines, trĂšs sĂ©lectives et se rĂ©clamant de la Talent Economy se retrouvent sous le feu des critiques, n’ayant pourtant pas de comportement abusif. Par ailleurs, d’autres sont hybrides : Upwork par exemple compte plus d’une dizaine de millions de freelances inscrits. Une grande partie d’entre eux gonflent les rangs de la Gig Economy, pour autant certains y Ă©chappent et gagnent trĂšs bien leur vie exclusivement sur la plateforme. 

Une de mes meilleures discussions de Going Freelance Ă©tait avec Dave Snyder, le spĂ©cialiste mondial du SEO sur eBay. Il s’est positionnĂ© sur une super niche et trouve la totalitĂ© de ses clients sur Upwork, son palmarĂšs est impressionnant puisque sur ses +160 missions, il a obtenu 5 Ă©toiles 🏆(la meilleure note possible) Ă  chacune d’entre elles.

De trĂšs bonnes pistes de rĂ©flexion concernant la protection des travailleurs des plateformes ont Ă©tĂ© formulĂ©es par l’étude de l’Institut Montaigne.

Aiguisez votre regard sur le sujet 👀

  • L’article des annonces prometteuses de Google en avril dernier.

  • Le rapport de l’institut Montaigne sur les travailleurs des plateformes, la meilleure ressource pour creuser les enjeux de protection des gig workers.

  • L’étude de Malt-Ouishare : “Alors que plus de 90 % d’entre eux ont fait le choix d’ĂȘtre freelance, 88 % des interrogĂ©s de l’étude pensent que leurs proches s’inquiĂštent pour eux.”

  • Le rapport d’étude : L’exploration du travail de demain. Il se concentre principalement sur le rĂŽle des freelances de la Talent Economy.

  • Le jeu mobile GIGCO : Je n’ai pas pour habitude de tĂ©lĂ©charger des jeux pour mobile mais le nom de celui-ci a attirĂ© mon attention. Vous incarnez un gig worker et tentez de rĂ©sister Ă  l’automatisation de votre job ! Bonne chance 🎼


Et voilĂ  ! C’est tout pour aujourd’hui. Et maintenant je compte sur vous, le futur du travail ça ne se construit pas tout seul ! đŸ€·â€â™‚ïž

  1. DĂźtes moi ce que vous en avez pensĂ© et Ă©crivez-moi si vous connaissez des initiatives gĂ©niales, qui mĂ©riteraient d’ĂȘtre mises en avant.

  2. Aidez-moi Ă  faire connaĂźtre le Billet du Futur : transfĂ©rez-le Ă  vos 3 amis et partagez sur LinkedIn et sur Twitter. đŸ“©

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  1. Si c’est un ami ou un sympathique collĂšgue qui vous transfĂ©rĂ© cet email, vous pouvez vous inscrire juste ici 😉

Le mentoring

Billet du futur #7

Cette semaine je me suis penchĂ© sur un sujet qui fait vraiment sens pour moi et pour lequel nous avons encore relativement peu d’acteurs qui se sont positionnĂ©s : le mentoring !

A titre personnel, j’ai trĂšs souvent bĂ©nĂ©ficiĂ© des conseils de mes aĂźnĂ©s dans mes diffĂ©rentes activitĂ©s sans avoir de “mentor officiel” et de l’autre cĂŽtĂ© je partage de plus en plus mes retours d’expĂ©riences Ă  des freelances dĂ©butants. Écrire ce billet m’a donnĂ© envie de passer Ă  la vitesse supĂ©rieure en vivant pleinement l’expĂ©rience de mentorĂ©.

Du coup j’ai sautĂ© le pas ! ;) 

Bonne lecture
Samuel

Parrain du futur 

Ce Billet du Futur est parrainé par comet, la plateforme qui aide les organisations à se réinventer. Comet accompagne plus de 1000 clients et 80% des entreprises du CAC 40 dans leurs projets grùce à une communauté de 5000 experts tech, data et produit en freelance.

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Les mentors ont de grandes oreilles ! Les Ă©lĂ©phants sont nĂ©s avec beaucoup moins d’instincts de survie que d’autres animaux. Ils doivent compter sur leurs aĂźnĂ©s pour apprendre les essentiels de la vie qui leur permettront de survivre. Eux-mĂȘme les ont appris de leurs aĂźnĂ©s ...

Le mentoring

Pourquoi s’inscrire sur une plateforme de mise en relation en tant que freelance ? Le premier objectif est bien Ă©videmment de trouver une mission, mais il est lĂ©gitime d’en attendre plus surtout lorsque l’on est capable de trouver de supers missions tout seul. Certaines plateformes l’ont bien compris, elles sont nombreuses Ă  proposer un Ă©cosystĂšme de partenaires avec des rĂ©ductions pour remplacer le CE des salariĂ©s auxquels n’ont pas droit les freelances. 

En revanche, le mentoring est un avantage trĂšs rarement mis en place qui mĂ©rite d’ĂȘtre mieux mis en avant. Apprendre de ses aĂźnĂ©s reste le meilleur moyen pour rapidement monter en compĂ©tences, peu importe l’expertise et le secteur dans lequel vous Ă©voluez.

J’ai profitĂ© du fait que comet soit parrain du billet du futur ce mois-ci pour Ă©changer avec Sarah et ChloĂ©. Elles ont lancĂ© deux Ă©ditions du programme “comet Mentors”.

Pourquoi lancer un programme de mentoring ?

Le premier objectif Ă©tait d’apporter plus de valeur aux freelances inscrits que de simples missions. Elles avaient dĂ©jĂ  observĂ© beaucoup d'interactions et d’entraide sur le Slack rĂ©unissant les freelances de la communautĂ©, le programme de mentoring n’est venu qu’officialiser et renforcer des bonnes pratiques dĂ©jĂ  existantes. đŸ’Ą

Le mentoring est une façon d’aider les freelances juniors, encore dĂ©butants, Ă  se lancer, Ă  dĂ©crocher leur premiĂšre mission et, Ă  prendre confiance dans leurs compĂ©tences. 

Enfin du point de vue de la plateforme, le programme de mentoring permet d’engager fortement la communautĂ© en crĂ©ant des liens entre les membres, un vĂ©ritable levier de rĂ©tention en tant que community builder.

Comment le programme a-t-il Ă©tĂ© mis en place ? 

ConcrĂštement, dans un premier temps, Sarah et ChloĂ© ont fait circuler un questionnaire afin de mieux comprendre les besoins de la communautĂ©, les attentes vis-Ă -vis d’un tel programme et de recueillir les candidatures des volontaires, tant du cĂŽtĂ© des mentors que des mentorĂ©s (les disciples).

Ensuite, un vĂ©ritable travail de matching a dĂ©marrĂ© : rien d'automatique de ce cĂŽtĂ©-lĂ , elles ont formĂ© des duos Ă  partir des lieux de rĂ©sidence et surtout des problĂ©matiques de chacun. Au total, lors du dernier batch, 93 volontaires se sont manifestĂ©s pour un programme d’une durĂ©e de 4 mois. Sarah leur a rĂ©guliĂšrement donnĂ© des indications sur la façon de se comporter en tant que mentor, leur a partagĂ© des articles et des conseils : comment dĂ©finir un nombre d’échange minimal, un ordre du jour, quelles questions poser 
 Son rĂŽle a Ă©tĂ© de crĂ©er un cadre propice aux Ă©changes.

Autant je comprends directement l’intĂ©rĂȘt des mentorĂ©s, autant je m’interrogeais sur l’intĂ©rĂȘt que les mentors ont pu trouver dans ce programme. 

Surprise, ils y ont trĂšs largement trouvĂ© leur compte ! La motivation premiĂšre est complĂštement altruiste, c’est la passion pour son mĂ©tier et l’envie de la partager avec des profils plus juniors. Ensuite transmettre ses connaissances permet de faire le point sur ce que l’on connaĂźt et de fixer ses acquis. D’une maniĂšre plus surprenante, Sarah s’est aperçue que la plupart des duos ne fonctionnaient pas Ă  sens unique, les disciples avaient eux aussi, bien souvent beaucoup Ă  apporter au mentor car les besoins et compĂ©tences de chacun Ă©taient complĂ©mentaires. đŸ€

Quels retours ?

Les retours de la communautĂ© ont Ă©tĂ© trĂšs encourageants et donnent envie d’aller encore plus loin. 96% des duos se sont rencontrĂ©s au moins une fois et la moitiĂ© d’entre eux au moins trois fois. 89% des participants au programme ont notĂ© Ă  plus de 8/10 leurs Ă©changes. Et les commentaires collectĂ©s Ă  l’égard du programme sont trĂšs Ă©logieux !

Les mentorĂ©s ont progressĂ© tant du point de vue technique qu’en termes de soft-skills. Certains en ont profitĂ© pour amĂ©liorer leur CV, rĂ©viser leur TJM, perfectionner leur mĂ©thode de travail, se former sur de nouvelles technologies, se former sur Github


La cerise sur le gñteau 🍒

Le mentoring peut Ă©galement ĂȘtre vu comme la touche finale pour complĂ©ter une formation. C’est du moins de cette façon-lĂ  que l’ont imaginĂ© Toptal et General Assembly avec leur partenariat. General Assembly a accompagnĂ© des Ă©lĂšves issus de milieux dĂ©favorisĂ©s Ă  apprendre Ă  coder Ă  travers des cours. Pour complĂ©ter ces apprentissages, des dĂ©veloppeurs en freelances de la communautĂ© Toptal ont choisi de devenir mentor en accompagnant les Ă©lĂšves pendant plusieurs semaines. Pour Rodrigo, dĂ©veloppeur full-stack et mentor, l’expĂ©rience a Ă©tĂ© enrichissante :

“Teaching is, as the saying goes, one of the best ways to learn. There’s also another, deeper level of gratification with mentoring: Feeling that you’re helping someone change their lives for better and watching them open new doors to their future.”

Pousser l’expĂ©rience du mentoring Ă  l’extrĂȘme : Jungle Program

Cet Ă©tĂ© j’ai rencontrĂ© Gauthier qui a fondĂ© Jungle program Ă  Berlin, Ă  la frontiĂšre entre une start-up, une communautĂ© et une Ă©cole pour freelances.

Chaque â€œĂ©tudiant” est un freelance dĂ©butant qui va travailler sur un projet de client (en Ă©tant payĂ©) et sera accompagnĂ© par un mentor, un freelance beaucoup plus expĂ©rimentĂ© qui va faire le lien entre l’entreprise cliente et les freelances. Le mentor aide les Ă©tudiants Ă  monter en compĂ©tences et pilote le projet.

De plus, les Ă©tudiants ont rĂ©guliĂšrement des appels avec des “advisors” qui sont lĂ  pour challenger les Ă©tudiants sur des problĂ©matiques mĂ©tiers. Ce sont des experts dans leur domaine qui interviennent ponctuellement, un peu comme dans le cadre d’un incubateur.

En bref, vous ĂȘtes freelance dĂ©butant, on vous apporte un projet gĂ©nial et bien payĂ©, une super Ă©quipe, des mentors et des advisors pour vous accompagner avec un seul objectif : faire de vous le meilleur de votre domaine. Le paradis non ? đŸ‘Œ

Comme nous pouvons nous en douter, le programme est trĂšs demandĂ© et donc trĂšs sĂ©lectif ! Le profil parfait de l’étudiant d’aprĂšs Gauthier est celui qui a des qualitĂ©s humaines autant que professionnelles. Il est curieux, a soif d’apprendre, sait travailler en Ă©quipe et surtout, n’a pas peur de l’inconnu.

Tips pour trouver un mentor

  • S’interroger sur ses besoins : plutĂŽt techniques, soft-skills ? En complĂ©ment d’une formation, en parallĂšle d’une activitĂ© de freelance, du lancement d’un projet entrepreneurial ? Demandez-vous de quoi vous avez besoin pour progresser.

  • Identifier la bonne personne : dans votre rĂ©seau, votre espace de coworking, le rĂ©seau d’une plateforme, un ancien collĂšgue ? Le mentor doit ĂȘtre plus expĂ©rimentĂ© que vous mais surtout patient, Ă  l’écoute et doit avoir l’envie de transmettre, comme un prof !

  • Let’s go ! Proposez-lui de devenir votre mentor. Si vous ĂȘtes dans la mĂȘme ville invitez le mentor Ă  dĂ©jeuner, expliquez-lui que vous aimeriez qu’il vous accompagne. La dĂ©marche peut paraĂźtre contre intuitive mais souvent les mentors sont heureux de transmettre leurs connaissances. Ils dĂ©couvriront peut-ĂȘtre mĂȘme en chemin que vous pouvez vous aussi leur apporter quelque chose. (Forwardez leur ce billet du futur pour amorcer la proposition 😉 ).

  • DĂ©finir le cadre : dĂ©finissez une durĂ©e de quelques semaines (qui souvent sera rallongĂ©e si tout se passe bien), des temps d’échanges rĂ©guliers et les objectifs Ă  l’issue de ce mentoring.

Aiguisez votre regard sur le sujet 👀

  • LaĂ«titia Vitaud explique dans cette vidĂ©o les bienfaits du mentorat intergĂ©nĂ©rationnel. Elle explique aussi l’étymologie du terme : voyage dans la mythologie grecque ! Et pour creuser le sujet avec le ebook, c’est par ici.

  • Le tĂ©moignage de Rodrigo, freelance chez Toptal et mentor dans le cadre du partenariat avec General Assembly.

  • Chaque annĂ©e, le groupe Adecco relance son opĂ©ration CEO for One Month, une forme de mentoring que je trouve gĂ©niale ! Un jeune talent passe un mois avec Christophe Catoire, le CEO du groupe pour dĂ©couvrir son quotidien. Le partage de connaissance est Ă  double sens et le CEO lui-mĂȘme a beaucoup Ă  apprendre. Christophe Catoir l’exprime en ces mots :

« C’est pour moi une grande source d’inspiration, l’opportunitĂ© de cĂŽtoyer un jeune talent et de bĂ©nĂ©ficier pendant quatre semaines de ses idĂ©es et de son regard neuf, celui de sa gĂ©nĂ©ration, sur une entreprise comme la nĂŽtre. »


Et voilĂ  ! C’est tout pour aujourd’hui. Et maintenant je compte sur vous, le futur du travail ça ne se construit pas tout seul ! đŸ€·â€â™‚ïž

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De l'espace de travail à la communauté

Billet du futur #6

Il y a deux semaines, nous nous intéressions à la façon dont le travail en remote se diffuse. Au sein de cette tendance, de nouveaux acteurs ont émergé ces derniÚres années, accompagnant la transformation du travail : les espaces de coworking.

Pour en avoir visitĂ© plusieurs dizaines, dans certains cas il ne s’agit ni plus ni moins que d’une salle avec des bureaux et des travailleurs cĂŽte Ă  cĂŽte qui ne se parlent pas. En revanche, d’autres ont complĂštement repensĂ© l’expĂ©rience de travail et sont de vĂ©ritables communautĂ©s ! C’est de cette catĂ©gorie que nous allons parler !

Bonne lecture,
Samuel

Le parrain du futur

Ce Billet du Futur est parrainé par comet, la plateforme qui aide les organisations à se réinventer. Comet accompagne plus de 1000 clients et 80% des entreprises du CAC 40 dans leurs projets grùce à une communauté de 5000 experts tech, data et produit en freelance.

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De l'espace de travail à la communauté

Le rapport Mission Coworking dĂ©nombre 1800 tiers-lieux en France en 2018. Dans les villes que j’ai visitĂ©es en 2019, ils sont parfois plusieurs centaines d’espaces de coworking accueillant Ă  la fois des freelances, des entrepreneurs, des petites entreprises et de plus en plus les employĂ©s de grandes entreprises. San Francisco est la ville avec le plus d’espace de coworking par rapport au nombre d’habitants, ils sont plus de 450 pour moins d’un million d’habitants. 

Ils sont des lieux de rencontres entre les travailleurs, parfois spĂ©cialisĂ©s sur un mĂ©tier, un secteur, mais le plus souvent mixtes. Ce sont gĂ©nĂ©ralement des lieux attractifs dont le design a Ă©tĂ© pensĂ© pour favoriser les interactions. 

Pourtant ce n’est pas parce que l’on travaille Ă  cĂŽtĂ© d’autres personnes que l’on va nouer des liens, certains espaces de coworking ont su crĂ©er des stratĂ©gies pour devenir des communautĂ©s. 

Comment passer du simple espace de travail à une vibrionnante communauté ?

Ce sujet m’a beaucoup intĂ©ressĂ© et je ne suis pas le seul puisque c’est aussi la question la plus posĂ©e sur le Slack mondial des gĂ©rants d’espaces de coworking.

Un regard dans le rĂ©troviseur đŸ“œ

L’idĂ©e du coworking n’est pas nouvelle et selon une Ă©tude de la Harvard Business Review, de tels espaces de collaboration existaient dĂ©jĂ  Ă  la Renaissance sous le terme de bottega, des ateliers dans lesquels de jeunes artistes travaillaient ensemble en Ă©tant formĂ©s par des maĂźtres dans leur art. AU XVe siĂšcle Ă  Florence, vous auriez bien pu ĂȘtre le coworker de LĂ©onard de Vinci et profiter du mentoring de Verrocchio.

S’interroger sur ses valeurs 

Avant de crĂ©er une communautĂ©, il convient de s’interroger sur son but, sur ses valeurs. Il faut se poser toute une sĂ©rie de questions qui permettent de dessiner les contours de la communautĂ©. Quel type de membres voulons-nous attirer ? Quelle image voulons-nous renvoyer ? Quels sont nos objectifs dans un, deux, cinq ans ? Quelles sont nos valeurs fondatrices ? Et c’est Ă  partir de ces valeurs que les rĂšgles de la communautĂ© peuvent ĂȘtre dĂ©finies, la façon dont les membres sont recrutĂ©s, les Ă©vĂ©nements, les interactions et tout ce qui guide la vie en communautĂ©. Le fonctionnement de la communautĂ© au quotidien doit laisser transparaĂźtre ses valeurs.

Une nĂ©cessaire sĂ©lection Ă  l’entrĂ©e đŸšȘ

La sĂ©lection se fait souvent naturellement. Lors de la visite, le community builder explique clairement les valeurs de l’espace, l’esprit qui rĂšgne entre les membres et dĂ©crit le fonctionnement avec suffisamment de transparence que les visiteurs parviennent Ă  se projeter. Ceux qui ne s’intĂ©greraient pas bien dans l’espace ne cherchent pas Ă  le rejoindre une fois la visite terminĂ©e, et le community builder de ce fait, refuse rarement des membres. Il s’agit d’une question de ressenti et de relation humaine qui se noue trĂšs rapidement.

Ce refus est cependant nĂ©cessaire pour le bien ĂȘtre de la communautĂ©, il peut ĂȘtre judicieux dans ce cas de recommander aux visiteurs d’autres espaces dont la culture leur conviendrait mieux.

En France, les espaces La CordĂ©e n'acceptent pas plus de 4 personnes de la mĂȘme entreprise dans le mĂȘme lieu afin de prĂ©server une communautĂ© active et ouverte. Le rĂ©sultat est aux antipodes de ce que propose le gĂ©ant Wework, l'expĂ©rience Ă  La CordĂ©e est chaleureuse et les membres sont souvent naturellement tournĂ©s vers les autres. 

Valoriser les membres

Les liens entre les membres d’un mĂȘme espace de coworking dĂ©pendent fortement du rĂŽle de l’animateur, le community builder, le gĂ©rant de l’espace. C’est lui qui diffuse les valeurs, il est garant des bonnes pratiques et est porteur d’initiatives pour la communautĂ©. 

«Le rĂŽle du community builder est moins d’organiser des Ă©vĂ©nements que de crĂ©er un environnement propice Ă  la prise d’initiatives communautaires. » Omar, community builder de Bespoke. 

Omar met un point d’honneur Ă  connaĂźtre personnellement chaque membre de son espace de coworking. Il passe du temps Ă  Ă©changer avec chacun d’entre eux ce qui permet de comprendre leurs besoins et de pouvoir mettre en place les services qui y rĂ©pondent. Tous les community builder rencontrĂ©s ont le cƓur sur la main, ils prennent du plaisir chaque jour Ă  dĂ©couvrir de nouvelles personnes et crĂ©er des liens. Leurs valeurs d’entraide et parfois de partage transparaissent dans les diffĂ©rentes actions qu’ils mettent en place.

Le community builder incite les membres qui le souhaitent Ă  organiser leurs propres Ă©vĂ©nements au sein de l’espace de coworking, gratuitement et Ă  destination des autres membres et de l’extĂ©rieur. 

De mĂȘme pour l’espace MOB Ă  Barcelone, Barbara sa gĂ©rante est persuadĂ©e qu’en chaque personne se cache un talent qui n’est pas forcĂ©ment valorisĂ© lors des activitĂ©s professionnelles. Elle incite donc les membres Ă  partager les leurs en leur donnant la possibilitĂ© de donner des cours de danse, de yoga ou de bien d’autres choses aux autres membres de l’espace.

Le rĂŽle des champions đŸ†

C’est Ă  Chicago, au sein de l’espace Secondshift que Levi, le fondateur m’a partagĂ© le rĂŽle des champions. Les champions sont des personnes de la communautĂ© qui sont motrices, soit elles vont faire, soit elles vont faire faire et superviser l’avancement. 

Ce sont elles qui se chargent du bon fonctionnement de la communautĂ©, de l’application de ses valeurs. Au dĂ©part les champions sont les fondateurs et au fur et Ă  mesure que la communautĂ© se dĂ©veloppe, des champions Ă©mergent parmi les membres les plus impliquĂ©s de l’espace et prennent de plus en plus de responsabilitĂ©s. Une des missions des champions est Ă©galement de sĂ©lectionner de nouvelles propositions parmi celles qui leur sont soumises, au fur et Ă  mesure de l’élargissement de la communautĂ©. Les membres vont par exemple vouloir ajouter de nouvelles rĂšgles qui peuvent ĂȘtre aussi anodines qu’un nouveau type de musique diffusĂ© ou plus importantes comme les rĂšgles d’entrĂ©es. Le rĂŽle des champions est de dĂ©terminer si cette nouvelle rĂšgle peut ĂȘtre ajoutĂ©e au fonctionnement et si elle enrichit la communautĂ© ou si elle n’est pas en accord avec les valeurs de dĂ©part.

Pour valoriser les membres, Levi a mis en place un mur des photos sur lequel chaque membre dispose de son portrait avec une courte prĂ©sentation. Une rubrique dĂ©crit les compĂ©tences que la personne est prĂȘte Ă  mettre au service des autres. C’est une excellente de façon de crĂ©er des interactions entre les membres puisque le premier rĂ©flexe de chacun est d’aller consulter le mur des photos pour dĂ©couvrir si une des personnes de la communautĂ© est susceptible de lui rendre service.

Son espace, Secondshift affiche complet et ne recrute presque pas de  nouveaux membres. Ils n’envisagent pas actuellement d’ouvrir de nouveaux espaces mais plutĂŽt de renforcer la communautĂ© actuelle sans forcĂ©ment croĂźtre dans un premier temps.

Faire vivre la communautĂ© 

Une fois que la communautĂ© est crĂ©Ă©e il s’agit de la faire vivre, cela passe par des communications rĂ©guliĂšres, des moments de rencontres informels et d’autres plus professionnels, des temps forts et des Ă©vĂ©nements ou encore de la veille de contenu. Pour se dĂ©marquer les espaces redoublent de crĂ©ativitĂ© et proposent des expĂ©riences et des services de plus en plus variĂ©s ! (ce sera certainement l’objet d’un prochain billet)

Les recommandations pour aller plus loin

  • Zoom sur la visite de l’espace Bespoke Ă  San Francisco.

  • La vidĂ©o d’interview de Steve, CEO de Lifeworking Coworking dans la pĂ©riphĂ©rie de Chicago. Il n’a pas misĂ© sur le renforcement de sa communautĂ©, au contraire il a tissĂ© un puissant rĂ©seau externe Ă  l’espace de coworking et c’est lĂ  toute la valeur de son espace ; la mise en relation entre les membres et les “partenaires”.

  • Plongez vous dans les espaces de coworking de la Renaissance avec cet article de la Harvard Business Review.


Et voilĂ  ! C’est tout pour aujourd’hui. Et maintenant je compte sur vous, le futur du travail ça ne se construit pas tout seul ! đŸ€·â€â™‚ïž

  1. Dites-moi ce que vous en avez pensĂ© et Ă©crivez moi si vous connaissez des initiatives gĂ©niales, qui mĂ©riteraient d’ĂȘtre mises en avant.

  2. Aidez-moi Ă  faire connaĂźtre le Billet du Futur : transfĂ©rez-le Ă  vos 3 amis et partagez sur LinkedIn et sur Twitter. đŸ“©

Mes vƓux pour le travail

Billet du futur #5

Une dĂ©cennie vient de s’achever et une nouvelle s’ouvre tout juste devant nous. Un moment propice pour dresser un bilan de ce que nous voulons retenir ou se risquer Ă  deviner ce que nous rĂ©servent les 10 prochaines annĂ©es. 

Je vous prĂ©sente mes vƓux concernant l’évolution du travail pour la dĂ©cennie Ă  venir. Ce billet n’a rien d’un Master Plan Ă  la Elon Musk mais si certains souhaits se rĂ©alisent je serais fier de notre sociĂ©tĂ©. Rendez-vous en 2030 pour le dĂ©brief !

Bonne lecture,
Samuel

Le Parrain du futur

Ce Billet du Futur est parrainé par comet, la plateforme qui aide les organisations à se réinventer. Comet accompagne plus de 1000 clients et 80% des entreprises du CAC 40 dans leurs projets grùce à une communauté de 5000 experts tech, data et produit en freelance.

DĂ©couvrez comet

Mes vƓux pour la dĂ©cennie Ă  venir

TĂ©lĂ©travail 

Je souhaite que le tĂ©lĂ©travail ne soit plus un “avantage” mais la norme en entreprise.

Au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, nous avons crĂ©Ă© les outils permettant de travailler Ă  distance. Une vĂ©ritable prouesse puisqu’il n’est plus nĂ©cessaire d’ĂȘtre dans la mĂȘme piĂšce pour travailler sur le mĂȘme projet. Suite Google, Notion, Slack, Zoom, Calendly et bien d’autres ont ouvert la voie Ă  une nouvelle façon de travailler. Un fonctionnement de plus en plus rĂ©pandu dans l’écosystĂšme start-up, freelance et pour quelques entreprises avant-gardistes. En revanche, le travail en remote est loin d’ĂȘtre dĂ©mocratisĂ© pour tous. En France ce ne sont que 29% des salariĂ©s du privĂ© et nombreux sont ceux qui pointent la forte culture du prĂ©sentĂ©isme.

Maintenant que les outils existent, le dĂ©fi est humain, il s’agit de transformer le management, la gestion de projet et d’adapter la culture d’entreprise au travail en remote. Pour la prochaine dĂ©cennie, faisons de cette Ă©volution une rĂ©volution !

Pas de pénurie de talent, une flexibilisation

Je souhaite que les entreprises sachent travailler avec les meilleurs profils disponibles pour un projet donné, peu importe leur statut juridique ou leur lieu de résidence.

Les annĂ©es 2010 ont Ă©tĂ© marquĂ©es par le boom du nombre d’indĂ©pendants, de nombreuses marketplaces se sont crĂ©Ă©es avec la mission de connecter les freelances aux entreprises. Sur la plateforme Upwork c’est plus de 10.000 freelances qui s’inscrivent chaque jour !

Alors que l’on pointe du doigt la pĂ©nurie de talents Ă  venir, que les services des ressources humaines se plaignent des difficultĂ©s de recruter, il est peut-ĂȘtre temps de penser Ă  s’adapter aux transformations du travail. Des dizaines de milliers de travailleurs sont disponibles Ă  la demande sur les plateformes et en dehors, tout l’enjeu pour les entreprises est d’intĂ©grer ces nouveaux travailleurs avec succĂšs. Les effectifs ne sont plus composĂ©s uniquement de salariĂ©s, la main d’Ɠuvre  est protĂ©iforme. It’s time for the Total Workforce Management.

La plateforme Comet par exemple, recense plus de 5000 profils de freelances sur les mĂ©tiers de dĂ©veloppement & data, ceux pourtant citĂ©s parmi les plus “en pĂ©nurie”. Toptal, Gigster, Pangara et des dizaines d’autres en font autant.

L’entreprise doit devenir un Ă©cosystĂšme oĂč ce ne sont plus les statuts et les rĂ©glementations qui rassemblent mais les compĂ©tences. L’entreprise est le lieu (parfois sans ĂȘtre physique) oĂč collaborent les individus qui mettent leur expertise au profit du dĂ©veloppement d’un mĂȘme produit. C’est l’occasion de mettre fin Ă  la culture du prĂ©sentĂ©isme et de laisser place au mode projet et au management fondĂ© sur la confiance. 

Être freelance n’est plus discriminatoire

Je souhaite qu’ĂȘtre freelance dans dix ans ne soit pas discriminatoire.

En 2017 Malt a menĂ© une Ă©tude auprĂšs des freelances inscrits sur sa plateforme. Ils sont 90% Ă  ĂȘtre indĂ©pendant par choix. Cependant ils sont 88% Ă  dĂ©clarer que leur entourage s’inquiĂšte pour eux et presque la totalitĂ© d’entre eux ne se sentent pas bien pris en considĂ©ration dans le dĂ©bat politique. “Tu es sĂ»r que tu ne veux pas que je parle de toi Ă  mon frĂšre, sa boite recrute !” “Quand est-ce que tu vas trouver un vrai job ?”

Au-delĂ  des clichĂ©s, qui sont dĂ©jĂ  dĂ©sagrĂ©ables, les freelances sont Ă©galement exclus d’une bonne partie des services dont le reste de la population n’a pas Ă  s’inquiĂ©ter. L’accĂšs Ă  l’emprunt bancaire, la protection sociale, l’accĂšs au logement.

Heureusement, certaines entreprises n’ont pas attendu que le cadre de la sociĂ©tĂ© Ă©volue et que nos institutions prennent leurs responsabilitĂ©s. Wemind, Shine, Mansa et une myriade d’autres acteurs facilitent le quotidien des freelances sur ces sujets de sociĂ©tĂ©.

Sortir de la Gig Economy

Je souhaite qu’il soit beaucoup plus simple de sortir de la Gig Economy grñce à des initiatives à la fois au niveau individuel, au niveau de l’entreprise et de nos d’institution.

La Gig Economy est rarement un choix, souvent une dĂ©sillusion. Le dĂ©fi est de donner une chance aux travailleuses et travailleurs de la Gig Economy d’en sortir en leur permettant de monter en compĂ©tences, tant sur la partie technique que sur la gestion de leur activitĂ©. Il s’agit de leur offrir une vision sur le long-terme pour qu’ils puissent envisager leur carriĂšre et plus seulement le prochain gig.

Pour cela nous avons besoin de plus d’initiatives comme celle de OpenClassrooms qui a crĂ©Ă© des formations gratuites aux travailleurs de la Gig Economy.

Du cĂŽtĂ© des Etats-Unis, dĂ©but avril 2019, Google a fait une annonce qui est une premiĂšre et marque le dĂ©but de la prise en considĂ©ration de ces travailleurs de la Gig Economy. Le gĂ©ant a demandĂ© aux agences de staffing avec lesquelles il travaille de payer au moins 15 dollars de l’heure les travailleurs de la gig economy qu’ils emploient et qu’ils perçoivent des benefits. C’est une dĂ©cision marquante, car elle tĂ©moigne d’une reconnaissance de cette main-d’Ɠuvre dont Google ne pourrait aujourd’hui plus se passer et qui a fait parler d’elle l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente Ă  travers les rĂ©clamations de la “Shadow Workforce”.

Ce n’est peut-ĂȘtre pas suffisant mais c’est un premier pas ! EspĂ©rons que les 10 prochaines annĂ©es nous permettront d’aller beaucoup plus loin dans la protection et l’accompagnement de ces travailleurs.

Le compte social unique 

Je souhaite plus de simplicitĂ© et d’égalitĂ© dans l’accĂšs aux droits sociaux.

Le Compte Social Unique (CSU) est une idĂ©e dĂ©veloppĂ©e par Denis Pennel dans son excellent livre Travail, la soif de libertĂ©. Il prĂ©sente ce que pourrait une application permettant de suivre en temps rĂ©el l’ensemble des droits sociaux acquis grĂące Ă  son temps de travail. Ici, tous les travaux seraient pris en compte peu importe le statut et le temps de travail. Il serait ensuite trĂšs simple de simuler la pension versĂ©e Ă  sa retraite (dĂ©bat pour le moins actuel), ses allocations chĂŽmage, ses droits Ă  la formation 


A propos de la formation, j’espĂšre que dans les 10 prochaines annĂ©es, de plus en plus d’initiatives comme SkillsFuture seront lancĂ©es par les Etats. Il s’agit d’un mouvement national lancĂ© Ă  Singapour pour permettre Ă  chacun de se former tout au long de sa vie peu importe ses acquis, il concerne tout le monde. 

Conclusion 

J’ai beaucoup d’autres souhaits concernant l’évolution du travail mais ils ne tiendraient pas dans cette newsletter.

J’espĂšre sincĂšrement qu’en 2030 l’écart de salaire homme/femme sera passĂ© de 19% Ă  0%, seul taux acceptable, que les discriminations Ă  l’embauche soient de l’histoire ancienne, que d’ici lĂ  nous aurons testĂ© Ă  plus grande Ă©chelle et peut ĂȘtre mis en place une forme de revenu universel.

En bref, je rĂȘve surtout qu’en 2030 le travail reprĂ©sente une oeuvre plus qu’un labeur pour une majoritĂ© de personnes et que l’on aura inventĂ© de nombreux nouveaux mĂ©tiers gĂ©niaux ! 🚧

Le contenu pour aller plus loin

Et voilĂ  ! C’est tout pour aujourd’hui. Et maintenant je compte sur vous, le futur du travail ça ne se construit pas tout seul ! đŸ€·â€â™‚ïž

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Diffuser le travail en remote

Billet du futur #4

Chaque grĂšve et Ă©pisode neigeux en France permettent de mettre en lumiĂšre les bienfaits du travail en remote. Heureusement, il n’est pas nĂ©cessaire d’attendre que le pays soit bloquĂ© pour tĂ©lĂ©travailler. Cette semaine, je me suis intĂ©ressĂ© Ă  la façon dont le travail Ă  distance se diffuse.

Bonne lecture et belles fĂȘtes de fin d’annĂ©e.
Samuel

Le parrain du futur

Ce Billet du Futur est parrainé par Freebe, l'outil de gestion intelligent dédié aux freelances et piloté par un assistant personnel. Il permet d'automatiser la gestion de votre activité de freelance pour que vous puissiez vous concentrer sur votre job. Vous pouvez le tester gratuitement pendant 2 mois avec le code GOINGFREELANCE19.

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Comment le travail en remote se diffuse-t-il ?

En fĂ©vrier dernier, j’avais un rendez-vous au siĂšge d’Upwork Ă  Mountain View en Californie. À l’accueil de la plus large plateforme de freelances au monde : personne, un bureau et un Ă©cran duquel Angela m’accueille depuis son bureau personnel Ă  l’autre bout des États-Unis. Confortablement installĂ©e dans son salon Ă  des milliers de kilomĂštres, elle m’indique une tablette depuis laquelle je peux notifier Ă  mon hĂŽte mon arrivĂ©e et un coin pour patienter.

Je me souviens m’ĂȘtre dit “Bon, ici on ne va pas simplement parler de remote, de tendances et de potentiels bienfaits, ici on va le vivre”.

Une histoire de transport 🚗

En 2018 l’entreprise qui gĂšre le mĂ©tro new-yorkais s’est rendue compte que les heures de pointe n’étaient plus le matin et le soir comme c’était le cas depuis plusieurs dizaines d’annĂ©es, mais que les utilisateurs Ă©taient mieux rĂ©partis dans la journĂ©e avec des pics d’activitĂ© plus centrĂ©s en milieu de journĂ©e. Ils ont alors menĂ© des Ă©tudes qualitatives pour comprendre ces changements et la premiĂšre rĂ©ponse recueillie auprĂšs des utilisateurs a Ă©tĂ© qu’ils avaient des accords avec leurs employeurs et que dĂ©sormais ils n’étaient plus obligĂ©s d’ĂȘtre au bureau Ă  9 h, qu’ils pouvaient s’y rendre quand ils le souhaitaient ou travailler ailleurs. Les travailleurs s’arrangeaient alors pour Ă©viter de prendre le mĂ©tro tĂŽt le matin ou aux horaires de sortie des bureaux pour passer moins de temps dans les transports. 🚇

Ce constat dans le mĂ©tro new-yorkais reflĂšte une mutation profonde du travail puisque l’unitĂ© historique de lieu est complĂštement dĂ©passĂ©e pour de nombreux mĂ©tiers.

Le temps passĂ© quotidiennement dans les transports : voiture, train, mĂ©tro est de moins en moins acceptĂ© et de plus en plus considĂ©rĂ© comme une perte de temps pour ceux dont le travail ne requiert pas leur prĂ©sence dans les bureaux de l’entreprise. 

Le trafic dans la baie de San Francisco est tel que pour rejoindre les entreprises de la Silicon Valley, certains travailleurs doivent faire entre 3 et 4 heures de trajet par jour, une situation qui est difficilement viable sur le long terme au regard de la qualitĂ© de vie et du temps de productivitĂ© perdu. Il n’est pas Ă©tonnant de voir que ce sont ces entreprises qui ont dĂ©cidĂ© en premier lieu de franchir le cap et laisser leurs employĂ©s travailler d’ailleurs. Elles ont commencĂ© par autoriser le vendredi puis le jeudi et enfin la semaine entiĂšre afin d’éviter de faire perdre du temps Ă  leurs employĂ©s et amĂ©liorer leurs conditions de travail.

Sans aller jusqu’à ces extrĂȘmes, le temps moyen passĂ© quotidiennement dans les transports par un amĂ©ricain en 2018 est de 54 minutes ce qui reprĂ©sente 9 jours complets sur une annĂ©e. ⌚

Beaucoup de temps de perdu, de fatigue, de stress inutile et de pollution pour un dĂ©placement qui pourrait ĂȘtre Ă©vitĂ© : le temps passĂ© dans les transports est certainement le premier levier qui incite Ă  favoriser le travail en remote.

Une pression croissante

Le plus souvent, lorsqu’une entreprise n’a pas fait du travail en remote une de ses valeurs fondatrices, elle se met Ă  s’y intĂ©resser quand la pression devient trop importante.

Dans un contexte de guerre des talents, les entreprises se font concurrence pour attirer les meilleurs dans leur Ă©quipe. En valorisant le travail en remote, elles n’ont alors pas seulement accĂšs aux profils dans un rayon de 50 kilomĂštres autour des bureaux, mais Ă  des candidats qui peuvent se trouver n’importe oĂč dans le pays et mĂȘme Ă  l’autre bout du monde.

En se donnant la possibilité de recruter des travailleurs sans limites géographiques, les entreprises vont naturellement accroßtre la qualité du recrutement, car elles ont accÚs à un vivier de talents bien plus large.

“You don’t hire the best of the best. You hire people you can pay, the best are going to Google. You only get the best of the rest.”

Ce sont les mots de Stephane Kasriel, CEO de Upwork lorsqu’il explique pourquoi il recrute des talents du monde entier et pas seulement autour du siĂšge social en Californie. 

De la mĂȘme façon, la pression monte sur les entreprises qui souhaitent conserver des talents qui travaillent dĂ©jĂ  en leur sein mais souhaitent une meilleure mobilitĂ© gĂ©ographique.

A un moment donnĂ© la question est trĂšs simple : PrĂ©fĂ©rez-vous vous sĂ©parez d’un collaborateur qui veut aller vivre et travailler Ă  Marseille si votre siĂšge se trouve Ă  Paris ? Ou bien prĂ©fĂ©rez-vous l’autoriser Ă  travailler Ă  distance si son travail le permet ? 

A travers la rétention de talents et la pression mise sur les services de recrutement, le travail en remote fait peu à peu son chemin en entreprise.

Pour renforcer les tendances, l’augmentation significative du prix du mĂštre carrĂ© en agglomĂ©ration pousse de plus en plus de talents Ă  fuir les villes et s’installer dans des zones pĂ©riphĂ©riques. Loin des centres, ils prĂ©fĂšrent dĂšs qu’ils le peuvent, travailler hors du bureau traditionnel.

Ainsi l’augmentation des prix de l’immobilier aide le travail en remote à se diffuser plus rapidement.

En bref

Nous pouvons dégager deux cas de figure qui permettent la démocratisation du travail en remote :

  • D’un cĂŽtĂ© se trouvent les entreprises qui ont compris tout l’intĂ©rĂȘt qu’elles ont Ă  favoriser le travail Ă  distance et s’adaptent soit dĂšs le dĂ©part soit petit Ă  petit Ă  cette transformation. 🎉

  • De l’autre cĂŽtĂ© les entreprises qui ne souhaitent pas autoriser le travail en remote mais pour lesquelles la pression devient de plus en plus forte et qui n’auront d’autres choix que de s’adapter pour conserver leur attractivitĂ©.

Aiguisez votre regard sur le sujet 👀

Si le commute ressemblait à ça, je veux bien y passer une heure par jour.


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  1. Dites moi ce que vous en avez pensĂ© et Ă©crivez-moi si vous connaissez des initiatives gĂ©niales, qui mĂ©riteraient d’ĂȘtre mises en avant. Dans le prochain billet nous ferons nos voeux. 🌠

  2. Engagez-vous en faisant connaĂźtre le Billet du Futur : transfĂ©rez-le Ă  3 amis et partagez sur LinkedIn et sur Twitter. đŸ“©

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